
Visqueux, rampants et pas franchement photogéniques… les vers de terre partent avec quelques handicaps côté popularité. Et pourtant, sous nos pieds, une véritable armée s’active.
Certains patrouillent en surface. D’autres creusent des galeries verticales. D’autres encore préfèrent établir tout un réseau souterrain à l’horizontale.
Et surtout, ces petits soldats du sol peuvent nous livrer de précieuses informations sur son état biologique et son fonctionnement. À l’occasion de la prochaine Journée mondiale des vers de terre, TEREO part donc en reconnaissance.
Trois unités, trois stratégies
Chez les lombrics, chacun a son terrain d’opération :
- les épigés vivent principalement à proximité de la surface, dans les amas de matière organique morte et participent activement à son fractionnement ;
- les anéciques creusent quant à eux de profondes galeries verticales ou sub-verticales permanentes. Celles-ci favorisent notamment l’infiltration de l’eau. Leurs déjections contribuent également à limiter le ruissellement et l’érosion et peuvent favoriser l’adsorption de certains contaminants ;
- les endogés vivent dans le sol et construisent des réseaux de galeries principalement horizontales, sub-horizontales et ramifiées, participant notamment à la rétention de l’eau.
Trois catégories écologiques, trois modes de vie… et autant d’informations à observer. La structure fonctionnelle de ces communautés constitue justement l’un des paramètres étudiés dans les indices « Vers de terre ».
Opération surveillance : que nous disent les lombrics ?
Nos agents souterrains ont une particularité intéressante : ils sont sensibles aux conditions de leur milieu et aux perturbations physiques ou chimiques qui peuvent l’affecter.
Pour comprendre ce qui se passe sous nos pieds, plusieurs indices peuvent donc être examinés :
- combien sont-ils ? → l’abondance ;
- quelles catégories écologiques sont représentées ? → la structure de la communauté ;
- combien de taxons différents retrouve-t-on ? → la diversité taxonomique.
Bref, il ne suffit pas de compter les troupes. Encore faut-il savoir qui compose le bataillon ! L’analyse de ces différents paramètres apporte ainsi des informations sur l’état biologique et le fonctionnement du sol.
Contaminants repérés. Mais sont-ils réellement disponibles ?
C’est là que nos petits éclaireurs deviennent particulièrement intéressants.
Les analyses physico-chimiques permettent de rechercher, identifier et quantifier les contaminants présents dans les sols. Cependant, détecter un contaminant ne signifie pas nécessairement qu’il est biodisponible. Les bio-indicateurs apportent alors une information complémentaire. Ils peuvent contribuer à renseigner sur les transferts des contaminants, leurs effets sur les organismes vivants et, plus largement, sur l’état écologique du sol.
Nos éclaireurs souterrains ont donc des choses à nous apprendre. Encore faut-il réussir à les faire sortir de leur trou…
Une guerre des tranchées : quand la moutarde leur monte au nez…
Pour cela, pas de bazooka, pas de grenade. Et contrairement à ce que pourrait laisser penser notre inspiration Worms, aucun mouton explosif n’est nécessaire. L’une des méthodes permettant de faire remonter les lombrics à la surface est beaucoup moins dangereuse : la moutarde. Une surface de 1 m² doit être délimitée afin de recevoir deux arrosages de 10 litres d’une solution composée de 300 g de moutarde pour 10 litres d’eau, espacés de 15 minutes. Son action irritante provoque alors la remontée des lombrics. Ils peuvent ensuite être collectés, comptabilisés puis étudiés.
Une technique qui peut sembler originale… mais dont la méthodologie de prélèvement et d’extraction est issue de la norme NF EN ISO 23611-1.
Comme quoi, en science du sol, la moutarde n’accompagne pas toujours que les saucisses !
Et chez TEREO ?
TEREO a expérimenté sur le terrain l’indice « Vers de terre » dans le cadre d’un diagnostic environnemental.
L’objectif n’est évidemment pas de remplacer les investigations environnementales classiques par une escouade de lombrics armés jusqu’aux dents. Dans le domaine des Sites et Sols Pollués, les investigations environnementales et les analyses physico-chimiques restent indispensables pour caractériser la qualité des milieux, identifier les substances présentes et comprendre leur répartition. L’utilisation de bio-indicateurs illustre la possibilité de compléter ces investigations par une autre lecture du sol, fondée sur le vivant et son fonctionnement.
Mission accomplie
Depuis plus de 20 ans, TEREO accompagne industriels, collectivités, aménageurs et acteurs du foncier dans leurs problématiques de Sites et Sols Pollués. Et si les investigations environnementales permettent de savoir ce que contient un sol, observer le vivant peut aussi contribuer à comprendre ce qui s’y passe.
Finalement, nos petits soldats souterrains méritaient peut-être bien leur journée mondiale.
Même s’ils restent visqueux.
