Nouvelle norme NF X 31-615 prélèvement eaux souterraines sites et sols pollués

En juin 2026, la norme NF X 31-615 relative au prélèvement et à l’échantillonnage des eaux souterraines évolue. Cette révision, pilotée par l’Ineris au sein de la commission AFNOR/X31SOLS, remplace la version de décembre 2017 et vient actualiser les pratiques de terrain en intégrant les évolutions techniques, les nouveaux enjeux environnementaux et les retours d’expérience des acteurs de la filière des sites et sols pollués.

Chez TEREO, cette évolution réglementaire s’inscrit dans notre démarche d’amélioration continue et de maintien d’un haut niveau d’exigence technique pour l’ensemble de nos missions de diagnostic, de surveillance et d’interprétation de l’état des milieux.

Une norme plus opérationnelle et davantage tournée vers le terrain

La première évolution est structurelle. Elle réside dans sa réorganisation complète selon le déroulement chronologique d’une campagne de prélèvement : préparation de l’intervention, vérification des ouvrages, choix des matériels, réalisation de la purge, prélèvement, conditionnement des échantillons et traçabilité des opérations.

Cette approche plus opérationnelle permet de mieux accompagner les techniciens et ingénieurs dans la mise en œuvre de campagnes de terrain tout en renforçant la reproductibilité et la fiabilité des résultats obtenus.

La norme renforce également l’importance de la préparation en amont des interventions : connaissance des ouvrages, adéquation des matériels aux substances recherchées, prévention des contaminations croisées et maintien d’une traçabilité complète des opérations réalisées.

Une annexe dédiée aux paramètres physico-chimiques : la nouveauté majeure

L’ajout le plus substantiel est l’Annexe G, entièrement consacrée à la mesure des paramètres physico-chimiques : température, pH, conductivité, oxygène dissous et potentiel d’oxydoréduction.

Pour chacun de ces paramètres, la norme propose désormais :

  • une description de la grandeur mesurée et de son intérêt en contexte SSP ;
  • les protocoles d’étalonnage et de contrôle de dérive sur le terrain ;
  • les ordres de grandeur attendus en eaux naturelles et en contexte pollué ;
  • les précautions pratiques liées aux conditions d’intervention.

C’est une reconnaissance normative explicite que la qualité d’un échantillon se construit bien avant l’envoi au laboratoire.

Des évolutions techniques et pratiques ciblées

La révision intègre également la mise à jour de la NF X31-614 (2024) sur la réalisation des forages de surveillance, notamment pour le calcul du volume d’eau Vp et les exigences sur les équipements.

Parmi les autres apports notables :

  • le préleveur jetable (bailer) est désormais réservé à deux cas strictement définis : premier mètre d’eau après dénoyage, et prélèvement de LNAPL ;
  • des précisions sur les problématiques émergentes telles que les substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS) et les microplastiques : choix des matériaux (tuyaux PTFE à exclure pour les PFAS), blancs de filtres ;
  • des développements sur les ouvrages à grand diamètre, avec des recommandations adaptées pour la purge et le prélèvement.

Des précisions bienvenues sur l’IEM

La norme consacre des développements spécifiques à l’Interprétation de l’état des milieux (IEM), contexte dans lequel les points d’accès sont souvent des ouvrages préexistants (puits de particuliers, puits agricoles ou industriels, sources) ne respectant pas nécessairement les exigences de la NF X31-614.

Le principe directeur est clairement posé : le protocole de prélèvement doit a minima reproduire les conditions d’usage réelles de l’usager. Cela signifie utiliser la pompe en place, et prélever après traitement si un système de filtration existe. L’objectif étant de vérifier la compatibilité entre la qualité de l’eau et l’usage qui en est fait, et non la qualité de l’eau souterraine brute.

Mais la norme précise également qu’un second échantillonnage avant traitement, sur eau brute, est nécessaire pour permettre la comparaison des données à l’échelle du réseau de surveillance.

Elle encadre aussi les limites pratiques fréquemment rencontrées : l’usager peut refuser l’accès, ne pas fournir les informations sur sa pompe, son débit ou son système de traitement. Certaines mesures (profondeur du forage, niveau piézométrique) peuvent s’avérer impossibles selon l’installation en place. Tout écart doit être explicité dans les fiches de prélèvement et pris en compte dans l’interprétation des résultats.

Ce que cela change pour nos missions

Depuis plus de 20 ans, TEREO accompagne industriels, collectivités et aménageurs dans leurs problématiques de gestion des sites et sols pollués.

Grâce à ses équipes certifiées LNE SSP (NF X 31-620 A et B) et à son expérience de terrain, TEREO adapte en permanence ses méthodologies aux évolutions réglementaires et normatives afin de garantir des investigations fiables, représentatives et conformes aux meilleures pratiques de la profession.

Cette nouvelle version de la NF X 31-615 constitue avant tout une évolution des méthodes de travail visant à renforcer la qualité des données acquises et la robustesse des interprétations environnementales.

Les équipes de TEREO sont d’ores et déjà mobilisées pour intégrer ces nouvelles exigences dans leurs protocoles de prélèvement et continuer à accompagner leurs clients avec le même niveau d’exigence, de rigueur technique et de pragmatisme terrain.

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